Rencontres parlementaires de la défense: le point sur l’Europe de la défense

Vous n’avez pas pu assister aux 20èmes rencontres parlementaires de la défense ? EuroDéfense y était et on vous résume les grandes idées évoquées en matière d’Europe de la défense ! Au programme de la demi-journée, des tables rondes sur deux problématiques : l’outil industriel est-il en danger ? et sur l’industrie de défense : un modèle gagnant pour l’économie française ?

Tout d’abord, un constat : beaucoup de pays de l’Union européenne continuent d’opter pour une préférence américaine. Pour enrayer ce mécanisme, un Buy European Act a été ouvertement évoqué. Il permettrait également de protéger le tissu de PME/ETI européen qui est indispensable à la supply chain. Cette stratégie permettrait à terme de voir émerger un véritable marché européen de la défense.

 La coopération européenne devrait également être relancée via de nouveaux programmes, car pour la faire vivre  il faut à la fois des programmes et des objectifs stratégiques. Il ne s’agit pas d’avoir des ambitions déraisonnables sur ce dernier point, il faut simplement se placer dans une vision de moyen et de long terme. Or, dans ce cadre, des programmes sont indispensables pour répondre aux objectifs stratégiques.

Beaucoup de chemin reste à faire mais l’évolution des politiques de certains pays comme la Pologne est un signe positif. Par ailleurs, il existe entre pays européens des différences d’appréciation quant à l’autonomie stratégique. Si la France souhaite la préserver, pour nombre de nos partenaires européens la vision est différente. Certains ne la recherchent pas, d’autres, lorsqu’ils la souhaitent, sont également attentifs aux coûts générés. Il en va de même des différences de conception en matière de BITDE.

 Un intervenant a plaidé en faveur de davantage de solidarité active de la part des européens en faveur de l’Europe de la défense, d’autant que le manque d’investissement actuel grève les perspectives futures. Les nations européennes doivent davantage prendre leurs responsabilités. Des éléments positifs existent, notamment en matière d’exercices en commun. Pour aller plus loin et préserver les budgets de défense en ces temps de crise, un récent rapport parlementaire évoquait la possibilité de ne pas enregistrer le déficit engendré par la défense dans les déficits réels. Une stratégie qui fait débat, potentiellement contestable lorsque l’on souhaite évoluer vers davantage de sérieux budgétaire.

Concernant la coopération européenne opérationnelle, il ne faut pas perdre de vue que la Constitution française permet au président d’engager les forces. Cela permet notamment à la France d’entrer en premier sur le théâtre des opérations. Ce n’est cependant pas le cas des autres pays de l’Union. La coopération européenne doit donc également prendre en considération la doctrine d’emploi des forces.

Enfin, certains ont argué que l’Europe de la défense ne serait qu’un tigre de papier, existant quasi exclusivement sur le plan règlementaire. Ces textes sont cependant le socle indispensable pour développer l’Europe de la défense. Le récent exemple polonais est un changement allant dans le bon sens, tout comme la communication de 2013. Le programme EMAR 145 permettant de définir une norme pour l’échange de pièces détachées est également un pas important vers toujours plus de synergies et d’interopérabilité.

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