La crise fait avancer l’Europe – le couple franco-allemand avance son plan de relance pour l’Europe

La crise fait avancer l’Europe – le couple franco-allemand avance son plan de relance pour l’Europe

Le préfet (h) de région, Cyrille Schott, et le rédacteur en chef du magazine « European Security and Defence Union, Hartmut Bühl, membres de notre association, échangent leurs réflexions sur le couple franco-allemand et son service à l’Union Européenne.

Ils proposent le décalogue suivant :

  1. Le ‘moteur’ franco-allemand reste décisif pour le futur de l’Europe. Malgré les différences, politiques, économiques et juridiques, et le souci de leurs opinions, il est remarquable que les responsables du couple trouvent l’accord, en raison d’une fondamentale conviction européenne commune;
  2. Une révolution budgétaire de l’Union Européenne (UE) : ce que France et Allemagne ont mis sur la table sera certes débattu ; en tout cas, leur proposition est historique sous l’angle budgétaire;
  3. Alimentation du budget de l’Union par l’emprunt : L’UE ne s’est jamais vu reconnaitre le droit d’emprunter par les Etats membres, alors qu’elle pourrait le faire à des conditions plus qu’avantageuses. Si la proposition est retenue, même avec des réserves, on peut penser qu’à terme, l’Union pourra emprunter comme un Etat;
  4. Le renforcement de l’euro:l’effort de l’Europe sera considérable pour la nécessaire relance. Les obligations émises par l’Union créeraient la possibilité d’une dette publique propre à l’UE et d’un marché mondial des obligations en euros, un atout pour affirmer le statut international de l’euro;
  5. Le remboursement des emprunts serait simplifié si l’Union créait de nouvelles ressources propres, indépendantes des contributions des Etats, comme taxe carbone aux frontières, taxe numérique…, ce qui est évoqué par la Commission;
  6. La portée des fonds structurels serait doublée: les critères d’attribution du fonds de relance privilégieraient les Etats, régions, secteurs, les plus touchés par l’impact de la pandémie. Les aides accordées sous forme de dotation, et non de prêts aux Etats, doubleraient les 500 milliards € déjà décidés;
  7. Des réserves à surmonter : la façon d’attribuer les crédits suscite des réserves de pays du Nord (Danemark, Pays-Bas et Suède), ainsi que de l’Autriche, qui portent spécialement sur la forme d’aides non remboursables ou de prêts ; avec ou sans conditions. Les débats vont notamment porter là-dessus et finiront probablement par un compromis, compréhensible;
  8. Une « guerre » intra-européenne doit être empêchée en raison de la situation sociétale et industrielle post-pandémie dans tous les pays: des millions d’emplois sont en jeu et il ne peut y avoir des gagnants et des perdants de la crise. Tous doivent gagner ! Il faut une solidarité d’esprit et d’action exceptionnelle pour relancer l’Union, ne pas succomber à la révolte de la rue et perdre notre âme;
  9. Eviter, à tout prix, la conflagration institutionnelle européenne, qui pourrait suivre le verdict du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe; l’instant est crucial pour que l’Union sorte, au contraire, renforcée de la crise;
  10. La solidarité au cœur de l’UE: l’Union doit honorer cette indispensable solidarité, chère aux pères fondateurs, qui se fonde sur l’être humain et doit être au cœur de sa politique, pour nos pays et le monde, qui compte sur une Europe solidaire et forte. CYS/hb (Original)

 

ESDU_2020_vol35_juillet 2020

 

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